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Notre Directeur Général Recherche et Développement parle d'AGIVIR

Dans le cadre de la lutte contre les Coronavirus, le groupe Serge Ferrari a développé la technologie AGIVIR™ afin de donner à ses toiles des propriétés virucides. Ces propriétés antivirales exceptionnelles ont été certifiées par le laboratoire indépendant VirHealth.​

picto agivirNotre département R&D a activement travaillé pour proposer en un temps record une innovation qui réponde aux problématiques actuelles de nos clients. Philippe Espiard, Directeur Général Recherche & Développement, Serge Ferrari vous parle de notre innovation AGIVIR.
 

1. Quel a été le point de départ dans la mise au point de ce nouveau traitement antiviral ? A partir de quel moment avez-vous eu la conviction que vous teniez une réelle innovation ?

Nous avions déjà l’expérience de longue date, chez Serge Ferrari, de membranes composites antibactériennes ou antifongiques. 
C’est alors que l’un de mes proches collaborateurs, chef du groupe R&D Développeurs basé sur notre site Suisse, a apporté l’idée d’une membrane anti-virus. Sur la base de nos expériences, nous étions convaincus de la faisabilité technique. 
Conscient de l’importance du sujet, non seulement pour ses enjeux sociétaux mais aussi pour le groupe, il est devenu alors évident qu’il fallait lancer un plan d’action. 
Nous avions un dilemme à relever : être ouvert et scientifiquement créatif pour explorer les champs des possibles, sans se brider, mais en même temps être rigoureux et très efficace pour répondre aux besoins de la pandémie en un temps record.
Nous nous étions fixés 2 mois. Une équipe d'une dizaine de chercheurs multi-compétences, aux expertises complémentaires a travaillé sur ce projet.
Entre les premières réflexions, la constitution de notre task force et le dépôt de nos brevets, deux mois seulement se sont écoulés, sachant que les premiers essais industriels et les premiers prototypes ont été réalisés au bout de 2 semaines. 
La forte expertise des équipes, leur engagement, leur ténacité, leur curiosité, et l’esprit d’équipe, ont été les clés de la réussite. 

2. Quels sont les principaux défis auxquels vous et vos équipes ont été confrontés dans l’élaboration de ce nouveau produit ? 

Le principal défi a été le temps. Nous avions un sujet techniquement complexe dont nous connaissions seulement les grandes lignes. Notre dilemme résidait dans la gestion du temps nécessaire à l’expérimentation et aux tests, sachant que nous travaillons entre 3 sites, La Tour du Pin en France, Eglisau en Suisse et le laboratoire Virhealth à Lyon. 
L’agilité a été clé.
Nous avons dû aussi trouver un laboratoire compétent en cette période de confinement pour tester les coronavirus sur nos membranes. Le laboratoire lyonnais VirHealth nous a été d’une grande aide et nous a accompagné dans nos approches. 
L’anticipation a aussi été la clé de notre succès, puisque l’impossibilité de voyager et les délais aléatoires des expéditions d’échantillons, nous ont amené à traiter plusieurs hypothèses, différents scénarii. 
Cette démarche nous a aussi permis de découvrir l’inattendu.

 

3. Quelle a été la mobilisation des équipes R&D et plus largement des autres départements de l’entreprise dans ce développement ?

Les équipes R&D se sont immédiatement mobilisées autour du projet. Les collaborateurs ont fait part d’un fort engagement, de ténacité, de curiosité et d’esprit d’équipe. Leur agilité et compétence ont permis de relever ce double défi à la fois technique et temporel.
L’agilité de notre organisation s’est étendue aux équipes marketing qui ont très rapidement pu anticiper les applications que cette innovation allait générer. A présent, nous sommes prêts à répondre aux besoins de nos clients.

4. Le groupe Serge Ferrari est-il particulièrement préparé à répondre à ces enjeux sanitaires ?

Serge Ferrari a depuis longtemps fourni ses matériaux dans le cadre de nombreuses crises sanitaires. Nos membranes ont d’ores et déjà été confectionnées et utilisées par nos clients pendant les crises sanitaires majeures récentes comme Ebola, H1N1, SRAS, COVID-19 et plus récemment l’hôpital militaire de Mulhouse.

5. Quels sont les principaux enseignements que vous tirez des essais réalisés en laboratoire ? Comment les interprétez-vous ?

Nous avons utilisé un protocole d’évaluation visant à valider si les surfaces de nos membranes peuvent détruire très rapidement les virus pour éviter qu’ils ne puissent propager l’épidémie. La méthode de comptage est conforme à l’ISO 21702.
Nous nous sommes appuyés sur l’expertise du laboratoire VirHealth qui a utilisé le coronavirus humain HCoV-229E en modélisation du Covid-19. Nous avons volontairement choisi des conditions expérimentales sévères : temps de contact courts et présence de salive et mucus respiratoire pour coller au plus près des conditions réelles d’utilisation de nos membranes.
Grâce à cette technologie antivirale, la charge virale est significativement réduite à hauteur de 95% après un quart d’heure de contact avec la toile, et à près de 99,5% après une heure de contact.

 

6. Quels sont les principaux bénéfices attendus de cette nouvelle technologie antivirale ?

Cette nouvelle technologie antivirale va pouvoir empêcher les membranes de devenir des surfaces de propagation des virus et des bactéries et contribuer ainsi à réduire le risque et la vitesse de contamination.
Ces matériaux vont trouver tout leur intérêt dans des applications où les fréquences de nettoyage sont réduites.

7. Quel regard portez-vous sur les développements et initiatives en cours (nanoparticules d’argent ou autre) par les laboratoires et entreprises privées dans le domaine du textile et de la chimie pour répondre à la crise du Covid-19 ? Quelle est la place de Serge Ferrari dans cet écosystème selon vous ?

L’argent-métal possède des propriétés germicides et bactéricides et est d’ailleurs déjà utilisé dans le milieu médical mais aussi pour des applications dans d'autres domaines. Les nanoparticules d’argent permettent de lutter contre les bactéries à l’origine des mauvaises odeurs par exemple pour les chaussures. Mais plus récemment, des laboratoires scientifiques s’intéressent aux propriétés virucides de l’argent car les bactéries et les virus sont des entités différentes.
L’activité antivirale de l’argent est au tout début de ses investigations. Ce sont ces propriétés que nous avons identifiées et utilisées en développant des formulations innovantes appliquées à nos membranes, dont la fonctionnalité a été validée avec le laboratoire VirHealth. Tout notre savoir-faire a résidé dans la formulation et la mise en oeuvre sur nos membranes de l’application de l'argent-métal de façon industrielle, tout en conservant les propriétés intrinsèques de nos membranes comme la soudabilité ou la durabilité.
A part Agivir de Serge Ferrari, à l’heure actuelle, il n’existe pas de textiles enduits en surface présentant des propriétés antivirales tout en conservant des propriétés de soudabilité et de résistance à l’abrasion et au lavage.

8. Quelles sont les perspectives de développement de nouveaux produits futurs pour les membranes dans le domaine du médical / sanitaire ?

Grâce à cette nouvelle solution, le groupe Serge Ferrari pourra fournir des toiles antibactériennes et antivirus pour des applications variées. Utilisées en milieu hospitalier, les toiles virucides de Serge Ferrari permettront aux professionnels de santé d’évoluer dans un environnement sanitaire contrôlé et de mieux protéger les patients.
Mais, les perspectives offertes par cette solution innovante sont beaucoup plus larges et ses applications multiples vont bien au-delà du milieu médical. La solution virucide développée pourra être mise en oeuvre sur les toiles Serge Ferrari utilisées dans les lieux recevant du public tels que les Ehpad, écoles, crèches ou encore les bureaux, commerces, espaces culturels et de loisirs ainsi que les transports en commun.

Un petit mot sur Philippe Espiard 

Directeur Recherche et Développement du Groupe Serge Ferrari depuis 2 ans, Philippe est passionné de recherche.
Titulaire d'un doctorat en matériaux macromoléculaires, il cumule plus de 30 ans de carrière et plus de 40 brevets.
Un palmarès impressionnant réalisé dans plusieurs entreprises aux 4 coins du monde (Dow Chemical, Rhône Poulenc USA, Elf Atochem, Saint Gobain...).