LE SEPTIÈME MATÉRIAU · DOCTRINE

La performance du bâtiment par le comportement, plutôt que par la masse.

Le Septième Matériau désigne la catégorie des membranes composites utilisées pour l’enveloppe et l’aménagement du bâtiment. Grâce à leur structure intrinsèque, ces matériaux régulent la chaleur, la lumière, l’air et le son, plutôt que de s’y opposer par la masse.

Conçu pour un environnement qui a déjà changé.

Les conditions climatiques sont devenues moins prévisibles. L’énergie coûte davantage. Les usages évoluent plus vite que les bâtiments. Les réglementations se renforcent à intervalles réguliers. Aucune de ces évolutions ne constitue une perturbation passagère qu’il suffirait d’attendre. Ensemble, elles définissent désormais les conditions de fonctionnement de l’environnement bâti.

Les bâtiments et la construction représentent 32 % de la demande énergétique mondiale et 34 % des émissions mondiales de CO₂ (PNUE, Global Status Report for Buildings and Construction 2024/2025). L’architecture, pourtant, n’a pas évolué au même rythme. Elle repose encore sur l’idée que les conditions extérieures peuvent être anticipées, que les exigences peuvent être définies une fois pour toutes et que la performance d’un bâtiment est déterminée au moment de sa livraison.

Cette logique a façonné le monde moderne. Elle ne correspond plus à la réalité dans laquelle les bâtiments doivent aujourd’hui s’inscrire. Il en résulte un décalage croissant entre une conception statique et un environnement en évolution permanente.

De la résistance au comportement.

La résistance par l’épaisseur. Le confort par la masse. La durabilité par l’excès. Le béton, le métal et le verre excellent dans cette logique. Ils sont conçus pour résister : absorber les contraintes, conserver leur forme, rester stables. Mais ils ne savent pas réagir. Lorsque la performance dépend de la résistance, toute variation doit être compensée ailleurs. On ajoute alors des couches. Un système pour refroidir ce que la paroi a laissé entrer. Un dispositif pour bloquer la lumière que le vitrage a laissée passer. De l’énergie pour compenser ce que la structure elle-même ne peut pas faire.

Ce n’est pas de l’optimisation. C’est de l’accumulation. Il existe une autre manière de générer de la performance. Un matériau peut réguler les flux — chaleur, lumière, air, son — par sa propre structure et par la manière dont celle-ci est organisée.

La plupart des matériaux résistent. Celui-ci agit.

Dès lors que la performance ne repose plus sur la masse, la quantité de matière cesse d’être la variable déterminante. Ce qui compte, c’est le niveau de performance obtenu pour une quantité donnée de matière.

Trois conséquences en découlent, sur lesquelles l’architecte peut directement agir. Les couches correctives disparaissent de l’assemblage. La forme se libère de l’inertie, de l’épaisseur et du surdimensionnement. Et les bénéfices dépassent le bâtiment lui-même : moins de structure, moins de matière à transporter, moins d’éléments à assembler, moins de maintenance et moins d’énergie à mobiliser.

Il s’agit d’une autre manière de produire de la performance, qui va au-delà de la simple optimisation du modèle existant.

Vue aérienne d’un complexe architectural avec une vaste toiture textile blanche aux formes organiques, au cœur d’un ensemble urbain.

Sept règles, conçues pour être appliquées.

Un changement de modèle ne devient réel que lorsqu’il est mis en œuvre. Les concepts donnent une direction ; les principes guident l’exécution. Ces sept principes ne viennent pas s’ajouter à la logique existante. Ils la remplacent. Chacun d’eux constitue une règle de conception.

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LA PERFORMANCE AVANT LA MASSE.

Ajouter de la matière n’est plus la réponse. Il faut s’interroger sur ce que le matériau accomplit, plutôt que sur la quantité utilisée.

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L’INTERFACE AVANT L’OBJET.

Un bâtiment n’a pas à s’opposer à son environnement. Il peut interagir avec lui.

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LE SYSTÈME AVANT LE COMPOSANT.

La performance est une propriété de l’ensemble, et non d’un élément pris isolément.

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L’INTELLIGENCE AVANT L’AJOUT.

Empiler des couches correctives n’optimise pas un bâtiment. Supprimer le besoin d’y recourir, oui.

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LE CYCLE DE VIE AVANT LA PERFORMANCE INSTANTANÉE.

Un bâtiment se juge sur cinquante ans, pas le jour de sa livraison.

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L’EXPÉRIENCE AVANT L’ABRI.

S’abriter ne suffit plus. La lumière, la chaleur et le son ne doivent pas être subis. Ils doivent être conçus.

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LA LIBERTÉ PAR LA PERFORMANCE.

La matière ne dicte pas la forme. Elle ouvre le champ des possibles.

Façade textile ondulée composée de membranes architecturales aux formes courbes.

Six matériaux ont façonné le monde. Voici le septième.

La pierre. La terre. Le bois. Le béton. Le métal. Le verre. Six grandes familles de matériaux ont façonné presque tout ce que nous avons construit. Et chacune se définit par ce dont elle est faite.

Il en existe une septième. La première à se définir par ce qu’elle fait. Le 7ÈME MATÉRIAU désigne la catégorie des membranes composites souples utilisées pour l'enveloppe et l'aménagement du bâtiment. Grâce à leur structure intrinsèque, ces matériaux régulent la chaleur, la lumière, l’air et le son, plutôt que de s’y opposer par la masse.

Architectes et ingénieurs conçoivent avec ces matériaux depuis cinquante ans.

Ce qui n’existait pas encore, c’était un nom pour désigner cette catégorie et une définition claire de ce qui relie ses différents membres.

Serge Ferrari Architecture lui a donné un nom. C’est notre affirmation. Et c’est la seule.

Le 7ÈME MATÉRIAU ne se définit ni par sa forme, ni par sa position dans le bâtiment. Une membrane peut constituer une toiture, une façade, un plafond acoustique ou un élément de confort intérieur. 

Ce qui unit ces applications est ailleurs : la membrane agit comme une interface performante entre l’homme et son environnement. 

Elle régule la chaleur, la lumière, l’air et le son tout en mobilisant une quantité minimale de matière. 

Le 7ÈME MATÉRIAU désigne spécifiquement les membranes techniques dont la fonction première est de créer cette interface performante dans le bâtiment : membranes PVC enduites, toiles en fibre de verre enduites de PTFE, membranes imper-respirantes de sous-toiture ou de façade… 

La catégorie n’oppose donc pas l’intérieur à l’extérieur. Elle distingue deux approches de la construction : l’une fondée sur la masse pour obtenir la performance ; l’autre fondée sur le comportement du matériau et l’intelligence de l’interface.

La plupart des matériaux résistent.

Celui-ci agit. L’architecture n’a pas besoin de plus de matière. Elle a besoin de matériaux qui élargissent le champ des possibles. Notre matériau n’impose pas un style. Il libère une intention. Et une conviction résume tout le reste : la performance du bâtiment doit reposer sur son comportement, non sur sa masse.

Serge Ferrari Architecture a donné un nom au Septième Matériau.